Avis sur le décrochage scolaire : Rapport Ceser à lire absolument !

Avis sur le décrochage scolaire en PACA : réalités territoriales, enjeux et propositions d’actions.
mardi 18 juillet 2017
par  fsu.paca
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Le Ceser réuni en séance plénière le 5 juillet a examiné six avis portant sur le compte administratif 2016 et le budget supplémentaire 2017 de la Région, ainsi que sur le Schéma Régional de l’enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (SRESRI), le développement de l’alternance et de l’apprentissage dans le supérieur en PACA, les services publics et les services au public et le décrochage scolaire.
Tous ces avis ont donné lieu à une intervention et explication de vote communes FSU, CGT et Solidaires.

Nous nous félicitons du travail mené de manière transversale par différentes commissions sous la houlette de la commission lycée, patrimoine et investissements régionaux sur ce dossier complexe. Cela montre, une fois de plus, la qualité des travaux que le CESER est capable de produire dans un esprit qui permet à toutes les sensibilités de s’exprimer.

Travailler en profondeur des questions permet de constater qu’il faut souvent se méfier des formules chocs des communicants ou des faiseurs d’opinion et bien prendre en compte la réalité et les évolutions.

Le décrochage scolaire ne déroge pas à cette règle. Contrairement à des idées reçues, les chiffres montrent une diminution constante et importante du nombre de décrocheurs depuis les années 1970. Plus de 30% d’une classe d’âge sortait sans qualification dans les années 70 (sans que cela pose vraiment de problèmes) contre 8 % de nos jours. Mais il faut à la fois mesurer l’ampleur exceptionnelle des progrès accomplis et l’aggravation de la situation dans laquelle se trouvent désormais les jeunes sans qualification.

En effet, le diplôme reste le sésame qui permet de s’insérer durablement dans la société. Les dernières études de l’Observatoire Régional des Métiers ou du Centre d’Etudes et de Recherches sur les Qualifications montrent que la formation professionnelle diplômante est un pari gagnant pour l’emploi. Les personnes qui ont pu suivre une formation diplômante ont un taux de retour à l’emploi de 58% après 2 ans et de 64% au bout de 4 ans. Il faut aussi noter que le retour à l’emploi a deux fois plus de chance de s’effectuer quand la certification est obtenue.

Face à cette situation, pour la CGT, Solidaires et la FSU il est incompréhensible de voir la Région :

 ne pas faire progresser suffisamment la dépense moyenne par lycéen (2 254 €) alors que la dépense moyenne en France est de 2 494 €
 se désengager des Espaces Territoriaux d’Accès aux Premiers Savoirs qui permettent pourtant aux personnes ne pouvant pas entrer directement dans une formation qualifiante d’y être préparée et donc à certains décrocheurs de construire un parcours de formation
 de baisser de 2 % les dépenses pour la formation professionnelle des adultes (60 € par habitant) alors qu’au plan national la dépense moyenne par habitant a progressé de 9% (68 € par habitant) et que nous connaissons un taux de chômage et des inégalités plus fortes que la moyenne nationale.

Comme le souligne très justement l’avis, le décrochage scolaire est multifactoriel.

Le sociologue Eric FAVIER explique d’ailleurs que la réponse au décrochage ne peut pas être qu’éducative et pédagogique. Les décrocheurs n’arrêtent pas l’école simplement parce qu’ils ne parviennent pas à faire ce qu’elle attend d’eux. Il y a bien d’autres facteurs qui entrent en ligne de compte : mauvaise orientation, difficultés socio-économiques, troubles médico-psychologiques, enclavement de quartiers entiers, moindre accès à la culture, etc. La plupart du temps, tous ces facteurs se conjuguent et se cumulent et frappent plus durement les jeunes d’origine sociale modeste et issus de familles monoparentales.

Une étude de l’observatoire des inégalités s’attaque à l’idée d’une France championne des inégalités scolaires et montre que l’école reste un puissant levier de promotion sociale pour les classes populaires.

Nous avons besoin de plus d’école, mais cela ne peut pas être le seul élément de réponse pour prévenir le décrochage scolaire. L’Education Nationale et à fortiori les enseignants, pas plus que les familles de ces jeunes ou les jeunes eux-mêmes ne peuvent être considérés comme les seuls responsables des situations de décrochage.
Comme le soulignait, Pierre Bourdieu : « La cécité aux inégalités sociales condamne et autorise à expliquer toutes les inégalités, particulièrement en matière de réussite scolaire, comme inégalités naturelles, inégalités de dons. »
Ce n’est pas une simple question de talent et d’excellence et l’avis le confirme. Les inégalités scolaires ne sont que le reflet des inégalités sociales et territoriales et c’est bien à l’ensemble de ces inégalités qu’il faut s’attaquer.
Le Conseil Régional comme l’Etat, a donc et les moyens et le devoir d’agir pour lutter contre ce fléau.

L’organisation des assises régionales du décrochage scolaire telle que formulée dans l’avis pourrait être le premier signe fort d’une volonté d’agir.
Les groupes CGT, FSU et Solidaires voteront l’avis et invitent à la lecture du rapport.

Synthèse du rapport à lire ici

http://www.ceserpaca.fr/uploads/med...




Documents joints

Intervention sur avis décrochage scolaire
Intervention sur avis décrochage scolaire

Campagne FSU

Pétition : Pour les salaires et l'emploi public

La Fonction Publique :  une charge ?  Non, une chance


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