Enseignement supérieur : Un état des lieux lucide, des réponses inadaptées

Avis Schéma Régional Enseignement Supérieur Recherche Innovation
mardi 18 juillet 2017
par  fsu.paca
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Le Ceser réuni en séance plénière le 5 juillet a examiné six avis portant sur le compte administratif 2016 et le budget supplémentaire 2017 de la Région, ainsi que sur le Schéma Régional de l’enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (SRESRI), le développement de l’alternance et de l’apprentissage dans le supérieur en PACA, les services publics et les services au public et le décrochage scolaire.
Tous ces avis ont donné lieu à une intervention et explication de vote communes FSU, CGT et Solidaires.

Pour commencer, les groupes CGT, FSU et Solidaires déplorent la manière dont la région a contraint le travail de la commission en transmettant les avis tardivement. Le travail de la commission a été tronqué et celle-ci a élaboré son avis sans avoir connaissance du document. L’avis qui nous est proposé aujourd’hui n’est donc pas l’œuvre d’un travail collectif de la commission. Nous considérons qu’il aurait du être revu collectivement pour tenir compte du schéma produit par la Région.

Il nous semble que pour les schémas qui sont des documents d’orientation pluriannuels volumineux, il faut absolument que l’exécutif les fournisse et les présente bien en amont, même dans une version de travail, pour donner le temps nécessaire au CESER pour émettre un avis argumenté.
L’avis émis est donc pour nous forcement incomplet même si le CESER a déjà travaillé sur ces questions.

Si les groupes CGT, FSU et Solidaires jugent intéressants dans le schéma la mise en avant d’actions nouvelles avec un calendrier et des indicateurs de réalisation et de résultats, par contre, nous regrettons qu’aucun véritable travail n’ait pu être mené sur les indicateurs choisis faute de temps. Nous aurions pu de plus nous attendre à ce que ce nouveau SRESRI tout d’abord dresse un bilan du précédent schéma, mais il n’en est rien.

Pourtant le Schéma présente des annexes fort intéressantes en particulier l’annexe 4 qui dresse un état des lieux diagnostic en Paca de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

Il en ressort clairement que le nombre d’étudiants dans le Supérieur dans notre région est inférieur aux attendus, c’est-à-dire au nombre d’étudiants que nous devrions avoir par rapport aux spécificités des habitants de PACA. Il y aussi des disparités selon le niveau des études supérieurs et selon les territoires, qui mériteraient d’être analysées.

Plus d’un quart des étudiants ne valide pas leur diplôme, ce qui doit interroger tous les décideurs. L’audit pointe aussi un sous-dimensionnement de l’appareil de formation régional pour les niveaux intermédiaires II et III. Le Schéma relève également les facteurs influençant « l’employabilité » mais nous préférons dire l’insertion, dont notamment : le genre, la situation familiale, l’origine sociale, le diplôme obtenu, la réalisation d’une mobilité internationale en cours d’études, les expériences hors cursus, les stages effectués, les emplois étudiants, le réseau personnel, ainsi que l’accès à des modules de préparation à l’entrée sur le marché du travail.

Les réponses apportées à cette situation sont ponctuelles et/ou superficielles et, donc, bien en-deçà des enjeux mis en lumière par le diagnostic.

Il aurait fallu que ce schéma essaye de mettre en œuvre des actions pour permettre une poursuite de la démocratisation de l’enseignement supérieur. Or au fil des pages et des actions c’est surtout la culture de l’excellence qui est mise en avant. Bourse au mérite pour les bacheliers avec mention TB, bourses d’excellence « mobilité sortante » et « mobilité entrante », sont autant de dispositifs et de financement qui n’ont pas pour vocation première la démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur, mais la sélection des étudiants considérés comme méritants.

Ce nouveau schéma colle au SRDEII et n’a comme seul mot d’ordre la réponse aux besoins des Opérations d’Intérêt Régionaux et des filières dites d’excellence.
Quid des secteurs émergents et en devenir !
De fait, les étudiants sont assimilés à une ressource qui doit être immédiatement employable afin de mieux répondre aux « exigences du marché », fait du stage en entreprise la solution au chômage et aux offres non pourvues et de « l’esprit d’entreprendre le moteur du développement économique, mais n’apporte aucune solution sérieuse en matière d’orientation et d’insertion professionnelle pour le plus grand nombre.

Il développe une vision élitiste de l’enseignement supérieur qui ne contribue pas à gommer les inégalités sociales d’accès à l’université, bien au contraire.

Quant à la recherche la seule ambition est d’en accélérer les retombées économiques. C’est une vision bien étroite du rôle de la recherche et des problématiques soulevées par la situation de ce secteur en France et en PACA.

En effet, malgré la mise en œuvre de moyens importants par les pouvoirs publics (2,5 milliards d’aides directes et 5,5 milliards de crédit impôt recherche au niveau national), l’effort de recherche est bien inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE. En PACA, il est de 2,2 % du PIB. Rappelons que la Stratégie Europe 2020 fixe l’ambition de l’effort de recherche à 3% du PIB… Le secteur privé qui a bénéficié de cette manne financière n’a pas joué le jeu. Certaines branches, comme l’aéronautique et l’aérospatiale sont même en recul en matière d’investissement dans la recherche et le développement ! En PACA, la part des entreprises dans la dépense en matière de R et D est particulièrement faible. Elle ne représente que 56% du total. Les dépenses consacrées à la recherche publique sont également en recul. Pourtant, comme le souligne le rapport du CESE sur l’état de la France en 2017, « il est plus que jamais indispensable de se montrer ambitieux en matière de recherche fondamentale, pour pouvoir rendre possibles demains des innovations de rupture ».

Ce Schéma est bien loin de la préconisation du CESE visant à « replacer la question de la recherche au centre du débat public ». Il ne propose au mieux que quelques mesures de saupoudrage au service d’une vision à court terme de la recherche n’ayant pour seul objectif de mettre la recherche publique au service des besoins immédiats des entreprises.

Nous souhaitons qu’un travail plus approfondi soit mené sur la globalité de ce nouveau schéma et sur la pertinence des indicateurs choisis.

Dans l’immédiat, par rapport aux conditions de travail qui ont été imposées pour pouvoir émettre un avis sur ce schéma, les délégations CGT, FSU et Solidaires s’abstiendront pour dénoncer une attitude de l’exécutif qui ne nous a pas permis de mener correctement notre travail de conseillers.



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