Un décalage croissant entre les besoins de logement et le marché toujours trop cher qui accentue la précarité énergétique

mardi 28 mai 2013
par  fsu.paca
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Si un ménage sur deux est propriétaire de son logement en PACA, dans la moyenne nationale, en revanche 56 % des propriétaires ont un appartement (contre 56 % une maison individuelle en moyenne en France) et les logements sont plus petits que la moyenne nationale en raison d’un marché immobilier trop cher : Le prix moyen du terrain à bâtir est de 114 euros en 2010 dans la région contre 59 euros en moyenne en France allant de 75 euros dans les Hautes -Alpes (prix médian) à 199 euros dans les Bouches du Rhône. Le coût moyen des constructions variant de 980 euros en moyenne dans le Vaucluse à 1470 euros dans les Alpes maritimes.

LOGEMENT ET EFFICACITE ENERGETIQUE

L’impact environnemental du coût de l’accession à la propriété est important. Dans le secteur locatif, privé , public , logement social ou non , le locataire n’a que peu de prise sur le choix qui est fait ou non de bâtir en HQE et en basse consommation d’énergie. En terme d’accession à la propriété, le choix appartient aux maitres d’œuvre. On constate cependant que pour réduire les coûts à court terme, 34 % des ménages qui construisent choisissent le tout électrique, ce qui risque d’aggraver la précarité énergétique des ménages les plus modestes dans la perspective de l’application au 01/01/2016 de la Nouvelle Organisation du Marché de l’Électricité qui entraînera vraisemblablement une hausse de 30% de l’électricité.

27 % des ménages qui construisent ont choisi en 2010, les énergies renouvelables seules (solaire, pompe à chaleur, bois) et 12 % en combiné.

On sait également que beaucoup d’appartements du secteur locatif privé ne sont pas équipés de fenêtres à double vitrage. Environ 40 % des logements en région PACA seraient mal isolés et la « fracture thermique » y semble plus accentuée qu’ailleurs en France. Il est donc nécessaire de réduire les conditions de logement indignes pour réduire là aussi la précarité énergétique et donc d’inciter aux mesures d’isolation thermique dans le neuf et dans l’ancien et de favoriser une véritable politique publique de réduction de la consommation inutile. Le chiffre de 4000 logements réhabilités dans ce cadre reste insuffisant. http://ore.regionpaca.fr/fileadmin/Documents/Etudes/situation_des_logements_2010/Maitrise_de_l_energie_dans_les_logements.pdf

TROP DE PEU DE LOGEMENTS, TROP CHERS

La construction de 40 000 logements serait nécessaire chaque année dans la région PACA. Dans la réalité, la moitié seulement est produite dont environ 8000 en logement social alors que plus de 70 % de la population régionale pourraient y prétendre.

En 2008, sur les 963 communes de PACA, 160 relevaient de l’article 55 de la loi SRU, qui prévoit 20 % de logements sociaux dans les agglomérations urbaines. On est très loin aujourd’hui de ces 20% puisque 11 % seulement des logements de la région sont des HLM (contre 17 % en moyenne en France)

Selon la DREAL, direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement « la forte demande de logements sociaux, la croissance du nombre de ménages mal logés estimés (étude Taieb) à 350 000, les personnes sans logement ou dans un habitat précaire autour de 22 000 personnes, montrent un décalage croissant entre les besoins des habitants toujours plus nombreux, leur précarisation, leur paupérisation réelle ou relative et le marché toujours plus cher et tendu, tant pour l ’accession que pour le locatif ». http://www.paca.developpement-durable.gouv.fr/comite-regional-de-l-habitat-du-23-a3730.html et http://www.paca.developpement-durable.gouv.fr/logement-construction-foncier-r106.html

Les incitations fiscales « à la pierre » de type loi Scellier, c’est-à-dire favorisant l’investissement spéculatif dans l’immobilier privé sous réserve de location, ne permettent pas de réduire la pénurie de logement, entraine le plus souvent la hausse des loyers. La conséquence de ces incitations fiscales n’est en fait pas l’amélioration pour le plus grand nombre mais bien les profits d’un nombre réduit d’investisseurs privés, le tout financé par l’Etat.

Or c’est d’une politique volontariste de l’Etat et des collectivités territoriales dont nous avons besoin non pas dans une logique libérale d’incitation fiscale sans véritable contre-partie mais avec une volonté clairement affichée de réduction des inégalités pour que des initiatives comme celle de la réhabilitation énergétique de la résidence des Pins à Vitrolles ne soient pas qu’une vitrine mais deviennent la règle.(http://www.regionpaca.fr/actualites/detail-actualite/article/logements-sociaux-moins-vetustes-moins-energivores-et-tellement-plus-agreables.html)

Pour les agents de l’Etat, il est absolument nécessaire de renforcer le budget alloué au SRIAS car le logement fait partie de ses attributions car comme « La question du logement social est particulièrement sensible en région PACA » (http://www.srias.paca.gouv.fr/Aide-a-la-personne)

On l’a vu celle du logement en général aussi. Cela rejoint les analyses de la FSU concernant l’égalité des territoires, l’égal accès aux services publics et aux soins mais aussi la transition environnementale pour la construction ou la rénovation de logements HQE. La question du logement doit être envisagée globalement à l’échelle régionale pour éviter la concurrence entre les territoires et les différents acteurs (collectivités territoriales, office HLM , promoteurs privés)


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