Formation et accès aux qualifications. Un aspect incontournable des politiques d’aménagement des territoires

mardi 28 mai 2013
par  fsu.paca
popularité : 68%

PACA est une terre de contrastes où les inégalités de formation demeurent importantes, en relation étroite avec les fortes inégalités sociales et spatiales. Les taux d’accès au baccalauréat et à la qualification pour les sortants du système éducatif sont nettement inférieurs à la moyenne nationale. Au niveau de la population active, le pourcentage de bacheliers ou de bac plus 3 ou 5 est conforme ou supérieur à la moyenne nationale, car la région connaît une immigration des CSP très qualifiées.
Le SRADDT, schéma des schémas, doit prendre en compte cette dimension, notamment à travers le CPRDFP, dont les objectifs sont à la fois de diminuer fortement les non-qualifications, élever les qualifications de tous. Il s’agit des jeunes de PACA, de la partie de la population active qui n’a pas eu accès aux diplômes : c’est un enjeu important tant pour l’équilibre socio-culturel que pour le développement économique de PACA.

Les qualifications en PACA : problèmes et enjeux

Un niveau de sortie de formation initiale (sous statut scolaire et apprentissage) atypique en PACA : trop de sorties sans qualifications et trop de sorties au niveau V, avec comme corollaire inévitable le fait que trop peu de jeunes atteignent le niveau IV.

Doc. 1 - Niveaux de sorties de l’enseignement secondaire
Tous ministères – 2008-2009
Source : Rectorat Aix, Nice et ORM

*Stat 2007, source rectorats traitement ORM. La statistique d’Aix est en 2007 de 5,1%, et 5,8 au niveau national.

Parmi les jeunes de 15-24 ans non scolarisés, 32% sont non diplômés selon les critères européens pour 27% en France métropolitaine. Ces jeunes adultes ont souvent arrêté leur scolarité après le collège sans avoir obtenu le BEPC.
Réduire très fortement cette proportion de jeunes sortant du système éducatif sans qualification, faire en sorte que le système de formation initiale puisse les accueillir à la sortie du collège est un véritable enjeu régional. Trop de jeunes aujourd’hui en PACA ne trouvent pas leur place dans un lycée, un LP, ou un CFA. Le résultat en est un taux de scolarisation (y compris l’apprentissage) plus faible qu’au niveau national, particulièrement pour les garçons.

L’accès au baccalauréat en PACA

L’accès au bac est devenu une statistique clé de la formation.
Il n’est pas inutile de rappeler le double saut qualitatif réalisé au cours des années 80.
Le taux d’accès au bac au niveau national passe de 29,4% d’une classe d’âge en 1985 à 62,7% en 1995 : il fait plus que doubler en 10 ans. Mais il stagne ensuite autour de 62%, n’atteignant 64% qu’en 2008.
L’autre saut qualitatif est la montée en puissance des bacs technologiques puis professionnels. Ainsi, en 2009, 65 jeunes sur 100 décrochent un bac : 35 un bac général, 16 un bac technologique, 14 un bac professionnel.

Remarques : Le taux d’accès au baccalauréat, à savoir l’obtention du diplôme est une statistique différente de l’accès au niveau bac : tous les élèves accédant à la classe terminale, mais n’obtenant pas forcément le bac. Ainsi, en 2008, ce taux est de 71,7% (dont 64,5 pour l’EN), alors que le taux d’accès est lui de 62,6%. L’objectif de 1985 était de 80% au niveau bac, aujourd’hui non réalisé.
Dans cette statistique, et toujours en 2008, 36 jeunes préparent le bac général, et 35 un bac technologique ou professionnel.

Mais en PACA, la proportion de bacheliers dans une génération est systématiquement inférieure à la moyenne nationale. La statistique du document 3 à prendre en compte est la proportion de bacheliers selon le lieu de résidence, qui prend en compte le taux d’obtention du bac des jeunes soit de l’académie d’Aix-Marseille, soit de Nice. Le taux selon le lieu de scolarisation est supérieur à Aix, car l’académie accueille dans ses établissements des jeunes d’autres académies.
C’est la suite logique d’un trop grand nombre de sorties de formation initiale sans qualifications (ce taux est supérieur à la moyenne nationale à Nice), mais aussi d’un trop grand nombre de sorties au niveau V, qui obèrent l’accès au bac. Les conditions sociales difficiles l’expliquent pour l’essentiel, comme le montrent les statistiques d’orientation par bassin après la classe de 3e.

Doc. 3 - Proportion de bacheliers dans une génération en 2009
(Education Nationale) en %

(Source : DEPP, site et note d’info 10-06)
(a) Selon le lieu de résidence
(b) Selon le lieu de scolarisation

La part des bacs généraux est-elle trop élevée en région ? A Aix, les candidats au baccalauréat sont répartis conformément à la moyenne nationale. Ce n’est pas le cas à Nice il est vrai : c’est le résultat d’une forte croissance démographique, d’un retard en terme d’encadrement et de constructions scolaires, et aussi de la place prépondérante de l’apprentissage particulièrement dans cette académie.

La formation professionnelle initiale en PACA aux niveaux V et IV

Au sens strict, la formation professionnelle initiale comprend les effectifs des LP et des CFA. Il faut toutefois ne jamais oublier que la voie technologique après le baccalauréat débouche essentiellement sur la voie professionnelle post bac, en particulier dans les STS et les IUT. C’est particulièrement le cas de la série technologique industrielle (STI) jusqu’à présent.

La Région est caractérisée par un poids important de l’apprentissage par rapport aux LP, tout particulièrement au niveau V, qui représente 37% en région, pour 32,2% au niveau national. Mais l’apprentissage pèse très fortement pour Nice, soit 46% toujours au niveau V, soit le premier rang national.
Telles sont les conséquences de la suppression massive et quasi générale des CAP au début des années 80 dans les LP, et, pour l’Académie de Nice, du choix fait de scolariser plutôt en LEGT ou en apprentissage qu’en LP dans les BEP : face à la forte croissance des effectifs scolaires, cette académie se caractérise en effet par un taux d’encadrement très insuffisant, un des plus mauvais de France (nombre d’élèves par classe, nombre d’élèves par enseignants par exemple). Celle d’Aix est aussi située très en-deçà des moyennes nationales : PACA a vu sa démographie croître fortement, et l’arrivée de nombreux jeunes à scolariser, sans que les moyens en terme d’encadrement aient suivi. Il est dommage que depuis 2006, le MEN ne produise plus les statistiques permettant ces comparaisons nationales.

On peut enfin observer une caractéristique dommageable en région, conséquence pour partie au moins de la situation précédente : trop peu de jeunes inscrits au niveau V poursuivent en bac pro, trop peu inscrits dans la voie professionnelle utilisent les passerelles existantes pour rejoindre notamment une voie technologique.

Comme le montre les documents 5 et 6, en 2008-2009, la proportion au niveau national de niveau IV représente presque les ¾ du niveau V. Cette proportion est de ½ en région, à Aix de 43% aussi bien dans les LP que dans les CFA, mais elle est à Nice de 63% et de 83% pour les seuls LP. C’est la conséquence d’une application généralisée de la réforme dès 2008 à Nice, progressive à Aix, et généralisée dans les CFA un an plus tard, en 2009-2010, pour laquelle nous ne disposons pas de statistiques publiques. De même, si globalement, le poids total de l’apprentissage en PACA est de 7,9% du niveau national, à savoir un taux conforme à sa part de population, le niveau V y est très supérieur, avec 8,9%.

Doc. 5 - Les apprentis en PACA et en France selon le niveau de formation en 2008-2009

(Source : Repères et références statistiques, MEN, 2010)

Doc. 6 - Poids de l’apprentissage sur l’ensemble du second cycle professionnel
en 2008-2009

Source : Repères et références statistiques, MEN, 2010.
Niveau : ensemble des jeunes préparant le diplôme de niveau V ou IV. A la rentrée 2008, première année d’application du bac pro en 3 ans. Au sein des établissements publics, Nice choisit de généraliser directement cette réforme, à Aix, l’application est prudente, et n’est généralisée qu’à la rentrée 2009.

Il faut lire pour Nice, académie de Nice, de même pour Aix, Académie d’Aix-Marseille.
Liste des abréviations, hors mis les sigles propres à la formation professionnelle
DEPP : Division de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Ministère de l’Education Nationale)
DO : décision d’orientation
FI : formation initiale
FP : formation professionnelle
FPC : formation professionnelle continue
FPI : formation professionnelle initiale (statut scolaire et apprentissage)
GT : générale et technologique
LEGT : lycée d’enseignement général et technologique
LP : lycée professionnel
MEN : Ministère de l’Education Nationale
SPP : sécurisation des parcours professionnels
STI : série technologique industrielle


Publications

Journal Régional

POUR - Revue de la FSU

Pour 200

Navigation

Articles de la rubrique